
Aventure au Montana
Ma rencontre avec les chevaux sauvages
Je te partage ici une expérience d'aventurière qui m'a particulièrement marquée : ma rencontre avec les mustangs dans les Pryors Mountains !
Parce que l'aventure, c'est des galères mais aussi des moments de grâce comme celui-là !
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Le départ
Au réveil, je regarde par la fenêtre et le temps est plutôt clément, alors en quelques secondes, je me décide : aujourd’hui, je pars voir les chevaux sauvages. J’en parle depuis un moment, il faut que j’y aille sinon je vais le regretter.
Je saute de mon lit, je fonce sous la douche et je prépare mes affaires consciencieusement : je prends ma lampe de poche, mon couteau, quelques affaires de toilette, des habits et des chaussures de rechange, de l’eau et de quoi manger, et mes vêtements les plus chauds.
Je préviens Heidi, mon hôte, de ma destination pour la journée car elle connait bien les montagnes. Elle m’avertit que c’est un long trajet, qu’il n’y a pas de réseau pendant des heures, que ça grimpe haut dans la montagne et que c’est une route de cailloux.
Ses indications d’itinéraire me font un peu peur car c’est du genre « au bout d’un moment à droite » ou « entre deux Bosquets d’arbres tu verras les chevaux ».


Le trajet
À neuf heures, me voilà en route dans Gina, la vieille Subaru Outback blanche que l'on m'a prêtée. Le nom des Pryor Mountains est désormais pour moi plein de promesses. Je me sens vivante d’être seule sur la route vers l’aventure.
A partir de ce moment, le signal téléphonique est coupé et je sais que je n’en aurais pas de tout le trajet. La route est plutôt bonne par rapport à ce que m’avait dit Heidi, je traverse de longues étendues, d’abord des champs d’éoliennes à perte de vue, puis des canyons et vallées impressionnants par leur taille et leur étendue.
La route dure de nombreuses heures, avec des paysages très variés. Par moments, les passages de pick up ont laissé de profonds sillons dans la terre, donc je dois faire attention de ne pas mettre mes roues dedans si je ne veux pas perdre un pneu ou abîmer la voiture.
J’entame lentement l’ascension dans la montagne, il n’y a quasiment aucun croisement ni indication.
De temps en temps en regardant derrière moi je vois la montagne ocre et ça me coupe le souffle, mais je dois faire attention car la route est de plus en plus difficile.
Je continue mon ascension dans la montagne qui est de plus en plus abrupte et sur une route qui est désormais un chemin de gros cailloux. Le ciel est gris mais ça m’importe peu.
En fait je me dis même que si je ne vois pas les chevaux sauvages, ce n’est pas grave. Rien que le fait de partir à leur rencontre, de sentir leur esprit libre, c’est déjà une aventure. Et plus j’avance, plus je sens leur présence.


L'apparition
Je passe plusieurs panneaux indiquant l’entrée dans le territoire des chevaux, mais on dirait presque qu’aucun humain n’est passé par là avant moi.
Je rentre enfin dans le territoire du BLM, Bureau of Land Management, où je longe un mur immense de clôtures en bois, puis j’arrive enfin dans le territoire des chevaux. Ce sont d’immenses étendues rocailleuses et à l’herbe jaunie, un décor parfaitement lunaire.
Et là, je les vois apparaître dans le brouillard au loin, formes fantomatiques et majestueuses : les chevaux sauvages.
L’émotion me saisit instantanément, une boule se forme dans ma gorge et les larmes me montent aux yeux.
J’arrête un instant la voiture, je prends quelques clichés puis je continue ma route vers eux. Et là, surprise, à ma droite ils sont de plus en plus nombreux et de plus en plus proches : environ quarante chevaux sauvages en train de brouter dans les plaines. Je m’arrête, sors de la voiture et fond en larmes.
Je suis envahie par l’émotion que me procure leur présence, c’est indescriptible. Je pleure un long moment, et je remarque deux d’entre eux qui me fixent intensément. Je sens leur présence à tous et ça vient me toucher directement au cœur.



L'observation
Quand l’émotion est plus paisible, je les observe un bon moment puis je prends mes appareils photo et mon trépied.
J’adore leurs couleurs si variées et magnifiques, et même s’ils broutent tous paisiblement, par instants tout s’agite dans un coin, il y a de fortes interactions entre les uns ou les autres, puis tout revient à la normale. Je les observe totalement fascinée.
Par contre il fait très froid là-haut, il y a un vent glacial qui me congèle les doigts rapidement. Je suis pourtant couverte de plusieurs couches de vêtements, j’ai un bonnet, une écharpe, un coupe-vent, un leggin sous mon jean mais mes doigts souffrent.
Ils en viennent à rougir et s’engourdir et je dois régulièrement souffler dans mes mains ou les mettre dans mes poches pour tenter vainement de les réchauffer.
Je suis impressionnée des distances que les chevaux parcourent sans en avoir l’air, car je les accompagne à distance dans ces petits déplacements et y quand je regarde la voiture, je vois qu’elle est très loin.


Il me semble distinguer trois groupes principaux, les éclaireurs, les mères et leurs poulains et un troisième groupe plus loin. Ils sont tous connectés mais très espacés les uns des autres. On voit les petits groupes de trois ou quatre aussi, les affinités. Certains poulains ne doivent pas avoir plus de quelques jours de vie.
Je reste longtemps là à les observer, à prendre des photos et à m’émerveiller.
La vision
La montagne m’enveloppe car elle est tout autour mais je sens une présence mystique qui plane plus haute que moi, c’est dur à décrire mais ce sont des immensités et des hauteurs difficiles même à concevoir pour mon cerveau humain.
Soudain, une vision divine s’étend devant moi. La montagne apparaît derrière les chevaux qui se retrouvent baignés dans le halo de lumière que laissent passer des trous dans les nuages.
Le souffle sort littéralement de ma bouche et je me retrouve bouche bée devant ce spectacle hallucinant des chevaux sauvages sous les rais de lumière.
Un des chevaux me fixe droit dans les yeux sans bouger pendant un long moment. Il est positionné sous un des halos de lumière, lui donnant une allure divine et son regard me transperce. On dirait qu’il peut voir directement dans mon âme.


Je monte dans la voiture le cœur rempli de joie et de sérénité, et quelques centaines de mètres plus loin, je vois une autre partie du troupeau se détacher sur la crête face à moi. Je souris en les voyant et je me rapproche un peu en voiture. Je descends de la voiture pour prendre quelques photos, mais mes doigts ne supportent plus le froid.
Je remonte dans la voiture et j'allume le poste de radio. Et là, la chanson « Wild Horses » des Rolling Stones retentit. J’ai du mal à croire à une coïncidence, et alors que je l’écoute je réalise que les chevaux se sont rapprochés à tel point qu’ils sont tout autour de la voiture, m’enveloppant dans leur groupe.
Ils me regardent du coin de l’œil, leurs robes aux couleurs éclatantes brillant sous les nuages blancs, et je suis saisie par l’émotion alors que la voix de Mick Jagger retentit :
« Wild wild horses, couldn’t drag me away »
Les larmes montent, je sens l’émotion me saisir dans les tripes. Une des juments me fixe, immobile, sa crinière et sa queue volant doucement dans le vent. L’intensité du moment est palpable.
Je les remercie tous du fond du cœur de m’avoir permis de les rencontrer et de m’avoir touchée si profondément.

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Ça commence lundi 04 août 2025 !